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Auteur Sujet: [Nouvelle] Une nouvelle se situant dans l'univers de ... Prophecy !  (Lu 2657 fois)

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Hors ligne Mirandir

  • Mage des rêves
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 L'homme se tenait droit, bien qu’un peu voûté, avachi sur le lézard géant qu'il montait à califourchon. Un désert de sable l'entourant de toute part jusque l'horizon, de tous cotés. Il était vêtu à la mode du désert. Un épais kiffa rouge vif et un chèche en lin de couleur indigo - révélant plus qu’il ne les cachait - des yeux d'une couleur éponyme. Ses mains, d’une complexion caramel, semblaient s’agripper comme à la vie aux sangles de la bête, nerveuse et affamée.


Un simeterre pendait à sa cote gauche et la démarche chaloupée du lézard avançait d'un rythme satisfaisant. Il semblait savoir ou il allait bien qu’étant seul en ce lieu inhospitalier et dangereux. Cela faisait maintenant plusieurs semaines qu'ils avaient entamé la traversée de ces terres désertiques et les fontes étaient presque vides. Les habitants du coin - farouches et indomptables - les surnommaient "L’Empire de Zûl". Il semblait n’avoir d’Empire que le nom. Peut être était ce en l'honneur d’un quelconque dragon du feu inconnu au panthéon.


Sa destination ; Griff et ses jeux. Son enjeu ; La possibilité de devenir important. De changer de vie et d’effacer son origine. Tous avaient une chance. De ce qu’il en savait il pouvait facilement obtenir un poste à responsabilités, voire une fonction officielle pour peu qu’il arrive au bout de la dizaine d’épreuves, et du bon millier de candidats, la plupart désœuvrés à son instar.


Quitte à ne pas avoir de but autant avoir un toit sur la tête. Sa seule étoile était morte et jamais il ne pensait s’en remettre. La mélancolie lui collait à la peau et malgré de nombreuses avances l’envie d’une famille ne se faisait pas pressante. La sienne était loin et lui importait peu. Il y avait tant à voir, tant à découvrir ; l'antre de Heyra à Temeth dont il était su que les plus hautes branches perçaient la couche nuageuse, lit de Szyl. Le gouffre de Nadjar cette abîme sans fond, le mur de Barani'ir qui coupait le monde en deux, Onyr la cite du rêve, vision hallucinée d'une ville flottante ... Les merveilles du monde étaient trop nombreuses et n'attendaient que lui. Mais pour cela il lui faudrait de l’argent et surtout un métier, il commençait à en avoir assez de jouer les mercenaires et les deux précédentes campagnes l’avaient laissées pour mort.


Moryagorn... Et il regarda la soleil, Moryagorn puisse tu me guider à travers ce parcours semé d’embûches. Je ne souhaite plus vivre aussi longtemps que les élus de l'ombre mais accorde moi le temps de contempler ta création, de rencontrer tous tes enfants. J’en veux plus ! Que mon destin soit exceptionnel et ma mort utile. Et il signa.




Alors apparu à l’horizon le mur de Barani’ir, artéfact multimillénaire dont la légende imprécise colportée par bardes au coin du feu et ivrognes dans les tavernes contait le mythe d’un dragon de Brorne, transmuée en un mur monumental pour vivre son âge vénérable. Un mur de roche blanche éclatante aussi haut qu’une montagne, coupant le monde en deux, littéralement. Protégeant la Pomyrie d’un désert sans fin, ou l’inverse. Faisant ainsi de facto de la ville de Griff un point stratégique, aussi bien militaire que commercial. Dont le pouvoir était immense et bien au dessus de certaines politiques partisanes. Le seul endroit des terres de Kor ou l’humain, le dragon et le décadent pouvaient si ce n’est vivre en harmonie du moins cote à cote. Et faisaient de ces jeux, un événement plus qu’attendu et empli de tensions. Ces jeux allaient déterminer qui, pour les trois années à venir, allaient diriger la ville et ses objectifs. Qui pourrait vendre à qui le sang, à quel prix, et en quelle quantité. Qui pourrait traverser la ville, quelles en seraient les taxes. C’est pourquoi les solitaires, vagabonds errants tel que Marduk, était bien peu considéré. L’on lui préférait ces bandes organisées qui s’entrainaient ensemble depuis souvent plusieurs années, sponsorisées par des guildes marchandes et de grands groupes financiers aux intérêts puissants. Mais la Constitution de Griff était limpide à ce sujet. Les jeux étaient ouverts à tous, sans distinctions aucune si ce n’était l’exception des ressortissants Zûl. Heureusement il ne l’était qu’à moitie et son accent ainsi que ses insignes de caste prouvaient de façon univoque son origine ankare.


Longeant le mur il vit poindre peu à peu dans le ciel orange violet de fin de journée cette tour noire plus haute que dix dragons, véritable symbole de la cite état ; la tour du savoir, objet de bien des convoitises. Puis deux autres tours blanches et enfin les fameuses murailles de la cité. Faite de la même roche blanche que le mur de Barani’ir.


Il passa rapidement à travers les faubourgs éphémères qui ‘s’étaient organisés en dehors de la ville pour la durée des jeux, et il su alors ne pas s’être trompé et que le tournoi n’allait pas tarder à commencer. Il soupesa sa bourse ; pourvu qu’il se trouve encore un lieu - ou il puisse reposer son postérieur fatigué.                                                                       


*****




Perché sur la muraille extérieure de la ville, un dragon de feu scrute l’arrivée de notre héros. Ses écailles sont encore fraîches.                                                                         


*****


« La structure du jeu favorise les griffians de naissance ; la grande arène est transformée en un gigantesque plateau ou tous les enfants connaissent bien une vingtaine d’histoires croustillantes. Bien qu’il subisse en général quelques légères modifications et variantes pour chaque nouvelle version, le plateau reste à peu près identique. Toute une partie des gradins est alors remplacée par des drapeaux aux couleurs des concurrents, qui tombent avec leurs propriétaires. Des combats, de la réflexion, de l'intuition et de la résistance. Mais surtout de la sagacité. Et il est arrivé bien souvent que Szyl y mette son grain de sel et que de véritables benêts se retrouvent dans les phases finales. Heureusement le duel à mort final en a fait fuir plus d’un. Seul des illuminés, des fous du pouvoir ou de véritables idéalistes à la poursuite d’un rêve ou par pure vocation sont prêts à risquer leur vie pour le pouvoir absolu. La plupart se contente d’un poste subalterne et préfère arrêter lorsqu'ils sont sur d’obtenir un poste plus ou moins bien placé et/ou rémunérateur. Quoi qu’il en soit, les candidats entrent tous par la même porte et sont alors aléatoirement transporté dans l’une des dix zones de l’Arène. Chaque zone contient une épreuve qui est alors à accomplir par les candidats s’y trouvant. L’épreuve achevée, les vainqueurs sont libres d’accéder à la zone suivante en fonction de leurs résultats. Certaines épreuves impliquent de coopérer, d’autres de se défier, de se confronter ou de se liguer en équipe. Seul le duel final est à mort mais il n’est pas rare que le 9eme frappe plus tôt durant la partie, voire pendant la nuit. Prélevant ainsi son du de ce jeu impitoyable. Des destins se sont crées, des hommes ont été changé à jamais lors de ces quelques jours de jeux. Car bien que les épreuves ne soient jamais les mêmes et changent en fonction de l’équipe au pouvoir, il en est une chose qui ne changera pas ; l’âme humaine. »


Ce sont sur ces mots que conclu Noty, le propriétaire de la « Table Magique » petite auberge de quartier ou j’avais finalement élu domicile. Griffian de naissance il avait tenté le Jeu dans sa jeunesse et s’en était sortit de justesse avec un poste dans la marine du Gisement. Il avait commandé un navire pendant 3 ans et s’était retiré avec les honneurs pour ouvrir un commerce dans la ville de son cœur. Il en avait vu passer des jeunes loups solitaires en quête de renommé. Mais son discours n’était pas encore édulcoré. Il me souhaita bonne chance, finit sa bière et monta se coucher me laissant à mes sombres pensées. Il me restait deux jours. Deux jours… Plusieurs bonimenteurs criaient à qui voulait l’entendre qu’ils pouvaient leur révéler la teneur des épreuves à venir. Mais je m’étais contenté de me procurer un plan de l’arène qui engendra le guide actuel et une version miniature du jeu de cartes utilisé pour définir les occurrences. Autant m’en familiariser le plus possible car, qui sait si, une fois dans l’arène, une demi-seconde ne pourrait-elle pas me sauver la vie.


Le lendemain je choisi de me rendre dans le quartier administratif, au temple draconique de la couronne intérieure. Les rues étaient noires de monde, autant de visiteurs, simples touristes, candidats ou même simples griffians dont l’accès leur était habituellement interdit. Il régnait une atmosphère bon enfant même si je craignais bien en mon fort intérieur que la tension ne ferait que monter à partir de maintenant et deviendrait plus que palpable sous peu. Les nombreuses armures et le regard agacé de certains gardes ne faisaient que confirmer mes idées.


Je rendis mes hommages à Kroryn, et eu un coup d’œil discret mais appuyé et sincère en direction de l’autel de Nenya, comme à mon habitude. Je fus plus surpris que choqué de découvrir un autel noir et cela évoqua en moi de nombreuses images dont celle d’une nécropole souterraine évidemment existante. Je ne pus  que réprimer un frisson d’horreur à cette idée. Mais à de telles choses je devrais m’habituer en faisant de Griff ma nouvelle patrie. J’avais connu les affres de la guerre éternelle étant très jeune et y avait perdu mon compagnon le plus cher. J’avais compris depuis que la mort frappe. Mais que l’on puisse l’aimer m’était encore étranger. Je fis peu de visites, la tour du savoir, le palais de la liberté, la caserne des protecteurs de la milice. Puis enfin le port ; d’où l’on pouvait apprécier la production ininterrompue de sagianor en son centre ainsi que la flotte immense qui en défendait l’accès - se mouvant en une sorte de ballet onirique au large de la baie. C’est très simple je n’avais jamais vu de bateaux aussi grands, ni aussi beaux. Je n’avais jamais vu la mer en fait.


Je n’avais jamais compris la fascination qu’exerçait Ozyr chez les rares adeptes que j’en avais croisés. Je la comprenais mieux à présent. Ce n’est que le couchée de la soleil qui m’a fait sortit de l’état de contemplation dans lequel je m’étais plongé. Ni le bruit, ni la faim, n’avaient pu m’éviter la sidération. Ayant grandi au milieu des flammes, ayant ce qu’on appelle une âme bien trempée, j’avais de ce respect pour l’eau que l’on connait à Ankar, celui provoqué par la rareté. Je compris aujourd’hui que l’abondance n’était pas le piège que l’on nous avait enseigné ; que ce soit dans les académies martiales de Kar ou à Kendyr. Il y avait de la poésie en l’abondance. Il y avait de la violence dans l’abondance. Je détournais mes yeux de l’ile artificielle de la Guilde Noire pour me retrouver nez à nez avec un criminel endurci à la mine patibulaire. Il devait bien faire dans les 2 mètres, aussi musclé que pouvait l’être un combattant pure souche et un sexe d’une dimension à faire pâlir d’envie un dragon de Kezyr sous forme humaine.


-Toi, Comment tu le sens pour demain ?
-Khy ?
-Il rigola, cette expression est peu usitée dans le coin karien … Fais gaffe Comment tu le sens pour demain ?
-Khy ?
-… Toi ! Fais gaffe à tes yeux demain, j’en connais plus d’un qui en tirerai un bon prix pendant le cycle blanc..


Remis de ma surprise, je me mis à essayer de me souvenir ou avais-je bien pu déjà voir sa tête et combien celle-ci valait-elle. Ces réflexions me menèrent tout droit à mon auberge ou je pu profiter d’un bon ragoût avant d’aller me raser la tête, comme avant chaque combat important. Un rituel qui me permettait ainsi d’offrir mes cheveux aux quatre vents.                                                                       


                           *****


Koryanne Nolyr inspectait son équipement une dernière fois. Elle jeta un rapide coup d’œil par la fenêtre de sa chambre, en direction des quais – une fin de journée comme une autre en apparence. C’était encore une jeune mage des vents lorsqu’elle avait prit la tête de cette dictature militaire éclairée, trois années de cela. Elle était une femme maintenant. 


                                                                     
                           *****




Comme symbole il choisit la rune de Zoran sur fond de drapeau ankare, peu probable qu’un autre que lui ai cette idée. Improbable qu’il tienne jusqu'au stade ou cela ai de l’importance de toute façon. Une fois son étendard attribué, il mit son brassard et pu se diriger en compagnie non pas d’un millier mais d’au moins cinq fois cette quantité, en direction de la grande arène de Griff. C’était la cohue mais petit à petit une file se forma qui donnait sur l’entrée des gladiateurs. De ceux qui allait assurer le spectacle d’aujourd’hui ; le Tournoi encore mieux que la Cavalcade ! En tout cas c’est ce que semblaient crier les yeux ronds des badauds qu’il croisa sur le chemin qui le menait vers sa destinée. Enfin ce fut son tour, et il traversa le portail brumeux.


Je suis une étoile. Une étoile brillant dans le ciel. Et je vois le monde tel qu’il est : Les enfants de Szyl dormant paisiblement sur un lit de nuages, provoquant des tempêtes et des averses lorsque bougeant un peu trop dans leur sommeil. Je vois les océans, interdits de Ozyr, s’étendre à l’ infini autour des terres de l’homme et du dragon ; Kor et son désert Zûl, sa tache noire du royaume de l’ombre. Je vois la lune noire mener à sa suite les fils du 9eme portant les sombres démons obscurs de la nuit dans leurs griffes et l’autre lune, Khymera, prisonnière de ces démons. Je vois les forets de Heyra recouvrir la moitie du monde et l’Empire de Solyr - majestueux. Je sens mes sœurs auprès de moi et la fierté que nous éprouvons d’être aux cotés de Moryagorn. Nous sommes une fratrie unie pour l’éternité et je pourrais rester ainsi à protéger le monde, éternellement.


























Éternellement
































Éternellement…
























Il semble que j’ai raté la première épreuve … et n’ai par conséquent gagné aucun point.


Je me retrouve dans une auberge, une pinte à la main, à la sortie de l’Arène, dépité.  Le sol est de sable et une petite fosse en son centre est le sein d’une rixe entre gladiateurs et l’objet de nombreux paris. Ils n’ont pas eu suffisamment leur compte aujourd’hui semblerait-il. De nombreuses jeunes et jolies serveuses aux sourires ravageurs virevoltent entre les tables, portant des plateaux surchargés. Je remarque alors seulement que l’auberge est bondée. En effet, le tournoi fait salle comble. Une des filles trouve tout de même le temps de me demander ce qui m’accable. Je lui raconte ma prestation de la journée ; c’à quoi elle répond d’un air goguenard : Ce n’est pas étonnant ! La réalisation du rêve le plus fou... bien peu la réussisse. C’est l’épreuve la plus sournoise et la plus difficile en mon sens. Certains gars ne viennent participer au tournoi que dans cette optique. Tous les trois ans. De véritables habitués du bas du classement. Mais vous avez de la chance, on ne peut pas perdre de points lors de cette épreuve même si vous, vous n’en avez gagné aucun apparemment..


Sur la place centrale, entre le palais du guide et la maison de Khy des fontaines et des statues fragmentaient l’espace. C’était une grande place découverte, un endroit où les gens se rassemblaient pour bavarder ou flâner parmi les fontaines et les statues. De petites colonnes soutenaient des plantes volubiles aux feuilles de jade et aux fleurs de cornaline. Un poisson de pierre bondissait niant la vasque vide en dessous au centre. Rien ne parvenait à oblitérer la beauté de ce lieu. L’échelle, les proportions harmonieuses me laissaient le souffle court et éveillaient en moi une admiration mêlée de révérence. Je sentis le poisson d’eau douce qui cuisait sur des petits grils, je vis les brochettes de fruits dégouttant de miel sur l’étal d’un marchand ambulant. Des lézards glacés fumaient sur un brasero. Des enfants se poursuivaient en me bousculant. Des chalands paradaient dans les rues, vêtus d’étoffes chatoyantes qui ondoyaient à chaque pas. J’en traversai à grandes foulées le marché. Autour de moi, des gens achetaient et vendaient des produits exotiques et fascinants. Les couleurs, les bruits, les odeurs même m’incitaient à m’attarder alors que les griffois exubérants criaient et riaient et sifflaient dans leurs rues si bien entretenues. Peu à peu je me sentais devenir griffians ; de plus en plus à l’aise au point d’en oublier mon infortune de cette première journée de tournoi. Je me surpris même à reconnaître les paroles de certaines chansons que chantaient les ménestrels au coin des rues. J’étais chez moi, la cité et son art coulaient en moi, j’étais davantage chez moi que je ne l’avais jamais été ailleurs. Cette ville semblait avoir le pouvoir de faire de ses visiteurs ses habitants plus rapidement qu’un singe de la Foret Mère ne mangeait une date offerte par une main amicale. Sur la place, dans une langue draconique abâtardie par tous les accents de la terre, les griffois commentaient cette première journée de tournoi ; la mêlée semblait avoir été une hécatombe tandis que le jeu de piste dans le désert avait déjà permit de faire émerger des favoris. Il semblerait que cette année encore les équipes entraînées par Orail « le géant fougueux » pour le compte de la Guilde Noire ai pris rapidement la tête du classement. Talonnées par les équipes d’Ezéo Klem et Cheb Annoa au coude à coude représentant respectivement Solyr et la Pomyrie. Mais comme à chaque fois des surprises étaient à attendre et malgré un manque d’entrainement professionnel certains outsiders pouvaient toujours créer la surprise. C’est la tête pleine de rêves et de promesses inavoués que je rejoignis mon lit à la table volante ce soir là.     


                           *****


Le matin suivant c’est tout requincanqué que je me présentai à l’entrée des concurrents. Les rangs s’étaient fortement clairsemés depuis la vieille. La particularité du tournoi est que les jeux se déroulent un peu partout dans la ville et que par conséquent les gradins sont éparpillés en de multiples endroits afin de pouvoir suivre toutes les sections des jeux. Certains bardes, aux talents inégaux, se repartissent la tache de conter les avancées des différents sections. Le fameux Sir Henry Barron (créateur de la geste partisane « La possibilité d’un silence ») était à quelques mètres de moi, entourée d’une ribambelle de jeunes filles en fleur aux yeux énamourés se pavanant devant lui. Il déclamait avec véhémence et passion les exploits d’une équipe locale de griffois lors de l’épreuve consistant à se rendre maître du commerce licite et illicite de toute une partie de la ville au seul moyen d’une somme de départ attribuée et en un temps minimum en usant de tous les moyens possibles et imaginables. Il semblerait que cette équipe ai réussit en seulement une demi journée là ou le précédent record était de deux jours.


Je décidai de jeter un coup d’œil à l’intérieur avant de me jeter dans la gueule du loup :


Des dizaines de Dragons, gris, rouges, métalliques et violets avaient élus domicile sur les hauteurs leurs étant dédiées, étant surement là afin de soutenir leurs petits protégés. Des dizaines de milliers de personnes mais une arène tout de même plus modeste que celle de Ankar, l’Arène, la reine des arènes, l’inégalable et inégalée. 
La chaleur de la journée prenant peu à peu la place de la fraîcheur matinale, je réajustai mon brassard et m’élança à travers le portail.                                                                                                                       




                           *****


Ce jour la je fus torturé pendant des heures jusqu'à révéler mes secrets les plus honteux dans ce qu’il convient d’admettre que ce fut un cauchemar.  Je m’essayai au jeu de stratégie des 9 dragons sans grand succès autre que de me faire perdre mon temps et dû triompher d’un labyrinthe souterrain - royaume des ombres et autres machineries surprenantes. Le lendemain c’est dans une jungle envahie par une brume épaisse que je confrontai ma volonté et ma connaissance des arcanes à celles de praticiens bien plus doués que moi, pour enfin, lors du quatrième jour, et après avoir utilisé certains de mes gains pour éviter deux autres épreuves pour lesquelles, n’ayant aucune aptitude, je n’aurais que perdu du terrain, je me retrouva à sceller mon destin dans cette fameuse mêlée en compagnie de quelques centaines de candidats. Et tout alla très vite.


Subjugué par le charme d’un diplomate entrain de séduire un protecteur par de belles paroles enchantées l’exhortant à se battre pour lui et sa noble cause ; un grand idéal allant sauver Kor de la décadence et sublimer la magnifique cité de Griff, je vis avec horreur une épée ensanglantée ressortir de l’infortunée poitrine recouverte d’un tissu blanc de qualité gal. J’eus à peine le temps de remarquer l’expression de surprise figée sur le visage aux traits aristocratiques que la tête du protecteur roule à mes pieds. Encore une fois je relève la tête pour me trouver nez à nez avec le criminel qui me crie au visage « Alors bleu bite ! Faut se réveiller c’est maintenant que ça se passe !! » il m’attrape la nuque « mais vous n’avez pas le droit de faire ça NOUS NE Devons pas tuer c’est interdit ! » « Ah oui » il pare et tue une combattante dans mon dos » et qui va m’en empêcher toi ? » Hahahahaha il n’était déjà plus là.


Encore sous le choc Marduk se retourne


Devant lui, quatre guerriers aux intentions visiblement hostiles n’étaient plus qu’à dix mètres. Ses yeux devinrent vitreux. Ceux qui tenaient des lances les projetèrent. Il ne bougea pas, s’étant presque instantanément rendu compte que celle qui le visait le manquerait. Un homme qui passait à sa gauche s’écarta, mais pas assez pour éviter l’autre lance, qui frappa si violemment sa cuisse droite qu’elle la traversa pour aller se ficher dans le sol. Il fit sortir la carte d’une rune de sa manche et effectua une rapide passe de main. Cloué sur place par la lance, l’homme à sa gauche ne laissa échapper qu’un léger râle, puis leva son sabre pour arrêter une hache qui moulinait vers sa tête.


À cet instant-là, Lui même s’occupait déjà d’un des mercenaires porteurs de brassards kares qui s’était rué sur lui. La hache de celui-ci étant une arme courte, il en profita pour lui allonger une botte avant de se trouver à sa portée. Le mercenaire tenta de parer avec son manche gainé de cuivre, mais Marduk, d’un vif mouvement du poignet, avait déjà parachevé sa feinte en plongeant sous la hache. La pointe de son simeterre se logea dans la poitrine du combattant, transperçant comme du tissu le cuir de l’armure.


Marduk s’était engagé à fond dans cette action. La chute en arrière de l’homme manqua de lui arracher son arme. Il tituba, s’attendant à se faire fracasser le crâne d’un coup de hache par l’un ou l’autre des guerriers, mais ce coup ne vint jamais. Recouvrant son équilibre, il pirouetta et vit l’un d’entre eux, qui maniait un nirga’k, aux prises avec un protecteur. Il chercha des yeux l’autre homme ; Contre toute attente, celui-ci vivait encore, bien qu’il fît face à deux mercenaires en même temps. Il avait réussi à tirer la pointe de la lance du sol, mais la hampe demeurait fichée dans sa jambe. Qu’il fût encore capable de bouger – sans parler de se défendre – en disait long sur la discipline et l’entrainement des hommes du géant Fougueux.


Marduk se pencha et arracha une brindille au sol. Il chanta la phrase de pouvoir correspondant et de la rune rouge qu’il traça devant lui partit un projectile qui mit feu au guerrier en face de lui en prise avec le protecteur. Puis il s’empressa d’engager le fer contre le dernier des hommes qui les avait attaqués. Une hache déjoua la garde de son compagnon d’infortune, le heurtant en pleine poitrine. Le tranchant de la lourde arme fendit son armure, dont plusieurs écailles sautèrent.


Avec un gémissement, l’homme retomba sur un genou, aspergeant la terre de son sang.


Trop mal placé pour venir à son secours, il ne put que regarder, horrifié, la hache osciller de nouveau pour s’abattre cette fois ci sur la tête du soldat au brassard de la Guilde. Son casque s’affaissa et sa nuque se brisa. Mais l’élan imprimé dans le corps par la hache le fit trébucher sur notre héros, de tout son poids.


Un juron s’échappa de ses lèvres tandis qu’il s’affalait à son tour sur l’ennemi d’en face. Il s’efforça de diriger la pointe de son simeterre contre le dos du guerrier karien, mais celui-ci esquiva souplement en bondissant de côté. Avant de toucher le sol, il tenta encore désespérément de l’atteindre. Puis il sentit son épaule se disloquer au contact de la terre durcie, et son arme échappa de sa main engourdie.
À présent, songea-t-il en roulant sur le dos, il ne me reste plus qu’à mourir. Et il regarda le ciel avec amertume.


Avec un grognement, le combattant leva très haut sa hache et prit feu. Il mourût dans d’atroces souffrances au milieu des flammes destinées à son compagnon.
Lui même ne fut épargné par la foudre que parce qu’il se trouvait à terre. Il se remit debout avec difficulté, son bras droit inutile pendant le long de son corps. Il ramassa son arme non loin et s’appuyant dessus observa le champ de bataille et s’en imprégna.


Le protecteur en avait finit avec l’homme qu’il avait enflammé de son sort et après un léger signe de tête s’en alla cueillir d’autres proies. Un peu plus loin il vit un petit homme râblé sortir des pierres à main nu du sol et les jeter sur ce qui semblait être un mage de la nature entrain de puiser de l’énergie ou il le pouvait, les bras levés en l’air, une aura crépitante d’énergie de plusieurs mètres l’entourant. D’un autre coté, un protecteur semblait s’être constitué une petite armée à lui tout seul et allait mener l’assaut sur ce qu’il su être un élu de l’ombre avant de se mettre à crier qu’il ne voulait pas mourir et s’enfuir en courant. Pendant ce temps il surprit un candidat entrain de courir parmi les cadavres afin de les soulager de ce dont il n’aurait plus jamais l’utilité.


Des monstres volants survolaient le champ de bataille, l’un deux fut abattus d’une flèche et tomba dans l’arène écrasant de son poids une dizaine de candidats. Il en chercha l’origine et tomba nez à nez avec une femme dont le visage, s’il fut un jour joli, disparaissait maintenant sous le masque de l’autorité.


Au delà de l’inconnu seule une sombre détermination chaotique permet d’avancer. Et cette détermination faisait partie d’elle à présent, elle la guidait. Cette réflexion la traversa alors qu’elle observait un homme d’origine certaine Zûl à l’allure dégingandée, affalé sur une arme de sa tribu de son unique bras valide. Ses yeux retinrent son attention un instant, puis elle se demanda comment et pourquoi il avait pu participer au tournoi, se promit de mener une enquête et reparti lestement au combat.


Toutes autour, 50 000 personnes étaient en délire.
   
                                                                 *****


A la fin de cette quatrième journée il utilisa UNE PARTIE DE SES POINTS surnuméraires pour se faire rafistoler.
S’il réussissait aux prochaines épreuves, malgré le sacrifice conséquent qu’il venait de faire, il pourrait prétendre à un poste de sous-officier voire d’officier dans la milice de la ville. Cela lui convenait parfaitement, pour commencer. Il se surprit à sourire.


J’avais recroisé la face patibulaire dans le temple des prodiges. La ou les survivants étaient soignés. Il venait d’empocher pas mal d’argent suite au pari qu’il avait fait sur lui même et pensait avoir des droits sur moi du fait de m’avoir sauvé et m’ordonna alors de le rejoindre le soir même à une adresse qu’il me confia. Tu ne le regretteras pas !!!! Et pi tu verras un peu ce qu’est la vraie Griff pas ce repère de Pete sec comme toi qu’est le centre ville ! T’as vraiment de la chance de m’avoir rencontré conclu-t-il.


Je me sentis tout de même dans l’obligation de l’y rejoindre au moins le temps de partager une boisson avec lui avant de rejoindre l’ambiance douillette et feutrée du bâton volant.


 
Effectivement, je ne connaissais pas « cette »  partie de la ville non …


Alors que je m’approchais péniblement et prudemment de l’endroit indiqué, de moins en moins sur de moi et de ce que je faisais ici, demandant de moins en moins mon chemin non pas tant par peur de ne pas être compris ou agressé que par celle de ne plus jamais revoir la lumière du jour, je finis par trouver cette ruelle qui n’en avait que le nom loin, loin à l’est de la dernière enceinte. Un gorgerin m’aurait été bien utile pensais-je. Un peu plus loin on pouvait apercevoir l’horizon de la mer d’un sang de Moryagorn. Alors que je m’approche de l’entrée éclairée par une torche violette comme indiquée heureusement correctement, une créature me saute de l’ombre et m’attrape la chemise, la rune de l’infamie marquée sur son front brillait à la lueur de la torche luisait au contact du halo de la torche « Toi la veux tu goûter à l’Autre Monde le Pays de l’Amusement Sans Fin ? J’en ai pour pas cher, quelques dracs seulement l’ami oui tu ne le regretteras pas tu verras je sais que tu en veux il se mit à fredonner « l’autre mooonde … jusqu’au dernier soupiiirr oh Oui !!! » Des yeux verts globuleux, la peau sur les os et une haleine nauséabonde. Si l’autre monde ressemblait à cela il préférait s’en passer.


Une inscription ornait le chambranle de la porte mais il n’avait jamais pris la peine d’apprendre à lire. Il frappa selon le code indiqué, et attendit une dizaine de minutes tout en tenant le sac d’os en respect puis donna le mot de passe.


« Les espérances sont à laisser au vestiaire »


Une fois mes yeux fait à l’obscurité la moiteur et la fumée verdâtre de l’endroit je pu voir qu’outre les narguilés qui en ferait une fumerie, le bordel contenait de nombreuses filles galyrs, jeunes, à la carnation si particulière. Je me mis à la recherche de l’objet de ma venue en passant de salle en salle, évitant tant faire se peut que de croiser des regards qu’ils soient de clients repus, en attente ou bien ceux des hôtesses aux tresses blondes ou rousses. Je reconnu tout de même ici et là quelques ressortissants de Jaspor à leur teint have et à leur style décadent ainsi qu’un ou deux rejetons belgoriens grâce à leur chevelure auburn si caractéristique. Un olarien semblait mal au point dans un coin, à l’abri d’une alcôve sombre. A moins que ce ne fut un falonien. Difficile à dire au milieu de toutes ces femmes, et avec ces étranges et inhabituels tatouages mouvants qui recouvraient de façon inédite la totalité de son corps. Cette atmosphère glauque et irréelle était entretenue voire accentuée par des notes envoûtantes formant une mélopée propice aux rêves et aux voyages oniriques. Cela indiquait la présence dans l’un de ces couloirs obscurs d’un cil de Szyl, cette instrument permettant de reproduire avec une tonalité parfaite et dérangeante la totalité d’un répertoire de sons incroyable ; de la chanson du tonnerre à la mélodie de la pluie. Il était l’instrument préféré des enfants du ciel.


Je finis par tomber nez à nez avec une chenille de jeunes filles à poil entrain de se manger le derrière. Au bout de cette chaîne, entrain de se faire reluire le vit ; l’étrange tueur. Il lui fallu un peu de temps et une dizaine de grognement avant de me remarquer. Il finit sa bouteille de gnôle au goulot et s’adressa à moi : Eh bleu bite, celle du bout est pour toi me dit-il me désignant une paire de fesse. Elle sortit la tête du cul cuivrée qu’elle dégustait avec application et me lança un regard de ses deux yeux bleus amandes et aguicheurs de coquine tout en me présentant ses boules diaphanes un œillet brun et deux lèvres bien rouges et luisantes. Qu’elle ponctua d’un léger trémoussement du bassin.


Je lui attrapai les hanches des deux mains et m’enfonça dans ce qu’il convient bien -de nommer le plus doux des miels.


                                                                       *****


On est frère maintenant bleu bite, appelle moi comme le font tous mes amis « le rapace sans pitié » - Il tira sur le narguilé. Ça ne me plait pas trop mais au moins ça a le mérite d’être clair comme de l’eau de roche et pur comme du cristal, au moins tu sais à qui tu as à faire pas vrai bleu bite ? Ses postillons semblaient délimiter son espace personnel et son nez de rapace attendre une réponse.


-       Quelle est donc cette capote que tu portes l’ami, euh, « rapace sans pitié » ?
-       L’on m’a assuré que cela préserverai ma fertilité de jeune homme. Tu ne sais donc rien ?
-       Mais pourquoi donc sur la tête ?
-       Voyons, il est su que là est le siège de notre sperme jeune homme ! Bleu bite


Le rapace sans pitié était le 4eme fils d’un propriétaire foncier de la province de Vilys. Peu enclin à devenir érudit il profita de la mort tragique de son père pour s’échapper et fuir par la même occasion le domaine familiale et son destin tout tracé. Il fut marié trois fois, dont une selon Kroryn me confia t il montrant avec fierté sa brûlure de mariage, et eut trois fils ; l’ainé, Mitri, du premier lit, et les deux autres, Van et Lexei, du second. Sa première femme appartenait à une famille noble, les Ioussov, propriétaires assez riches de la même province. Elle choisit de se suicider en se jetant d’une falaise après s’être fait jouer une tragédie romantique un peu trop bien réussie. De son coté, ne s’étant insinué dans cette honnête famille que pour la dot car brûlant de faire son chemin à tout prix ; cette mort tombait à point. Ce fut plus riche de 25 000 dracs et d’une rente annuel de 5 000 qu’il se remit à parcourir la province transformant sa demeure en harem et organisant des saouleries tous les soirs. La belle famille scandalisée finit par le chasser - bien que l’argent disparut en même temps que lui. La seconde femme à qui il fit le coup eut une fin plus digne bien que tout autant tragique car elle s’éteint de la peste d’automne après s’être fait la malle avec un prodige. Encore une fois il dilapida une fortune assez rapidement faisant couler la bière à flot dans le gosier bien sec de certaines filles courtoises. Certains témoignent tout de même de l’avoir surpris à sangloter comme un enfant à l’annonce de la mort de sa femme quand d’autre jureraient l’avoir vu à genoux remercier tous les grands dragons. Il se peut fort bien que les deux versions soient vraies d’ailleurs ajouta-t-il. Quoi qu’il en soit il se tue quant à sa dernière femme, celle dont le lien l’avait marqué à vie- mais de tout évidence elle n’était pas la non plus.


L’une des dix filles vint à quatre pattes, comme une chatte, remplir la pipe de cette étrange poudre de cristaux verts qui embaumait l’atmosphère. Elle repartie tête baissée, présentant sa croupe au plus offrant. Une odeur spéciale.


Il aspira goulûment et jeta sa tête, couverte de ce morceau de tissu ridicule, en arrière ; dans les coussins aux taches douteuses sur lesquels nous étions étendus, et rejeta un nuage de fumée tel, que Szyl lui même aurait pu s’étendre, et s’endormir dessus.. Du moins un de ses premiers nés..


Les délits puis les crimes, l’appel de la violence … j’y ai pris gout vois tu. Il parla pendant des heures, m’énumérant de fait - la liste de ses victimes. Il avait finit par acquérir une belle somme d’argent dans l’Empire à l’occasion d’un assassinat politique et était venu la dépenser ici.


Qu’importait si la réalité de base était étriquée, grise, morne et exigeante. Qu’importait si elle était presque vide de sens en comparaison de la majesté glorieuse de l’existence multicolore à laquelle l’autre monde donnait accès. Qu’importait si elle était esthétiquement, hédoniquement, intellectuellement et philosophiquement sans importance ; c’était l’unique fondation sur laquelle reposaient toute la joie et tout le confort spirituel auquel cette drogue lui donnait accès; et, il suffirait d’un seul coup de pied pour que je m’écroule, moi et tous mes royaumes de plaisir illimité… Sachant cela … ses yeux devinrent tristes et vides en même temps. Tu es sur de ne pas en vouloir ?


                                                                 *****


Sauf erreur de sa part il ne lui restait plus qu’à affronter les épreuves conçues par les castes des érudits et des artisans.


Il jeta un coup d’œil rapide au tableau des scores puis alla faire un tour dans l’arène estimer le nombre d’étendards flottant encore au vent. Ses chances étaient réelles. Il sortit de sa poche les cartes encore en sa possession ; la carte de Khy, celle de l’allier, 2 de coopération une de défi et quelques cartes « Section Suivante ». Mais surtout son atout principal, qu’il avait acquit dans le labyrinthe la carte spéciale « Le premier est le dernier ». Il aimerait la conserver pour la section duel mais tout le monde faisait le même pari alors il était peut être plus judicieux de l’utiliser avant … Oui mais si il tombait sur une personne qui l’avait conservée … Plongé dans ses réflexions il se fit bousculer par plusieurs personnes pressées d’en finir avec l’avant dernière journée du tournoi. Les regards étaient mauvais, la fatigue se lisait sur les visages et dans les gestes. D’autres étaient manifestement sous l’influence de drogues plus au moins puissantes.


En cette avant dernière journée de championnat, le classement était le suivant :


L’équipe avec le plus de points était celle de Kali, puis venait celle de Kern. En troisième position venait la Guilde Noire puis les humanistes et une équipe griffoise.


Au classement individuel arrivait en tête Koryanne Nolyr qui ne représentait qu’elle même à sa propre succession. Il ne prit pas la peine de déchiffrer les autres noms qui ne lui disaient absolument rien. Il se fit le plaisir de chercher le sien qu’il trouva dans la partie basse, représenté par la rune de Zoran sur fond de couleurs ankares.


Il se lançait dans l’aventure plein d’énergie bien que craignant le contenu des épreuves. Il avait entendu dire que l’épreuve des artisans consistait à retrouver une aiguille dans une botte de foin et celle des érudits à résoudre des casses têtes. Mais il aurait pu être trompé. Quoi qu’il en soit, il traversa le portail.


Et se retrouva en plein ciel, au milieu de vents violents, perché tout en haut du mur de Barani’ir, avec, d’un coté, des contrées verdoyantes à perte de vue, et de l’autre -un désert jaune et salé. De quel coté allait-il tomber, seul cela il ignorait. Mais quelqu’un l’attrape et le plaque au sol. Il se retourne ; la femme d’hier ! Au sol, assaillis par des vents formidables, ils se mangent des yeux. Ne me lâche pas. Une autre personne est recraché par le portail ; le rapace. Il roule sur lui même et se débrouille pour s’accrocher au rebord ou il s’agrippe tant bien que mal. Mais ils ne sont pas au bout de leurs surprises ; voici qu’un dragon des volcans approche d’eux à grands coups d’ailes. Il redresse la tête sa poitrine se gonfle et c’est un véritable mur de feu qui les envoie valdinguer par-dessus bord.




                                                                 *****




Leur chute ne sera pas bien longue car du sol vole le long du mur en leur direction, un autre dragon de la lave, encore plus impressionnant, plus massif encore, plus mature que le précédent - dont la gueule énorme leur enverra cette fois, une tempête de flammes dans les dents. En plein visage. Ils n’en virent d’abord que les flammes puis en entendirent l’explosion pour enfin en sentir la chaleur. Face à cela, ils étaient impuissants.




                                                                 *****


Nos trois héros se réveillent sur un rivage inconnu. Au dessus d’eux, deux géants ; aux muscles énormes et hypertrophiés, aux veines saillantes et palpitantes, aux crinières rouges et aux yeux flamboyants.


Le plus âgé des deux ‘hommes’ porte un manteau de cuir rouge et l’autre un simple pagne qui semble être fait de tissu et dévoile plus qu’il ne cache ses attributs intimes.
Ce dernier lève alors un doigt en l’air. Nous, nous reprenons à peine connaissance, confus d’être en vie, qu’il fasse lourd et que nous ne soyons que tous les trois.


« J’ofdonne ! que fous fous baffiez à fort ! Et fous fous obeiffez ! »


« Es tu sur de toi ? Une mage des vents ? Et celui-ci là a l’air un peu maigrichon… » Dit-il en indiquant Marduk du bout du menton.


Il se pencha alors vers le jeune ‘homme’ et lui murmure à l’oreille. L’autre semble acquiescer.


Le plus sage prit alors la parole : Excusez mon jeune compagnon ici présent mais celui-ci souhaite se prendre un élu – à ces mots Koryanne se redresse et se raidit imperceptiblement – et il va donc vous tester. Son idée première était plutôt expéditive ; un combat à mort et que le meilleur gagne ! L’impétuosité de la jeunesse voyez-vous. Mais semble-t-il que je l’ai persuadé que vous seriez bien plus utile en lui prouvant votre valeur sur le long terme. C’est pourquoi il va vous envoyer effectuer ce que vous appelez communément une quête. Il semblait fier de sa maîtrise de notre langue. Pour autant que l’on puisse juger un Dragon ; de surcroit de cette trempe.


Daeng l’ancien avait la distinction de l’âge. Cela faisait maintenant plus de quinze millénaires qu’il arpentait le monde. Il se flattait d’avoir eu une longue et prestigieuse carrière, parvenant aussi près des cercles de commandement - lors des trois dernières croisades - que sa lignée le lui permettait. Il était à présent dans le même état de sénescence glorieuse et sereine que certains Dragons très anciens ; il ne produisait plus beaucoup de choses, prenait assez peu part aux affaires courantes de Kor, et maintenait le nombre de ses proches à un niveau relativement bas.


C’était toujours, néanmoins, un dragon du feu à part entière ; il n’avait pas pris de congé sabbatique, n’avait pas choisi la retraite, n’était pas devenu un Excentrique et n’avait pas rejoint les rangs de Ceux qui Dorment, le nom récent à la mode que l’on donnait aux anciens qui s’étaient écartés et n’étaient plus vraiment des membres du club. Quoi qu’il en fût, malgré l’étendue des informations livrées et une biographie qu’il faudrait une vie entière à entendre - Daeng le Vieux était nimbé d’une aura de mystère. Et le monde ne l’avait pas encore vaincu.




« Refemment est affaru dans la foret de folor un arfefact infonnu. Nous n’en fafons fien afors allez fous fenfeigner la fas, fofez fous fous les dragonpas que feu f’en éfant affroché sont forts. J’orfonne et fous obeiffez !! »


Koryanne était perdue dans ses pensées, Marduk et le Rapace sans Pitié avait la tête enfoncée dans le sol.


Elle serra fort son amulette de la nature. Que la maladie m’épargne et que ma vie soit longue et prospère.


Une élue. Il était tellement rare qu’un dragon prenne un élu, encore moins en dehors des familles auxquelles ils étaient liés de façon séculaire. Je pourrai enfin quitter cette ville de province et intégrer la cour de Rolan XII. Yris, Le Frère des Dragons. La Cour de l’Empire de Solyr… Elle en détacha distinctement chaque syllabe.
           
                                                                     *****


Alors que les deux ailées prenaient leur envol, je remarque que le rapace et la femme se jaugent durement du regard, et cela jusque ce qu’elle tende le bras et qu’une détonation suivit d’un bang d’une explosion et d’un nuage de fumée ne l’abatte au sol. Aussitôt elle s’abaisse et vérifie qu’il est bien mort et semble lui faire les poches. Puis elle se tourne vers moi :


-       Combien as-tu sur toi ?
-       Qu’est ce que c’était je n’ai jamais rien vu de tel.
-       Un sortilège de mon invention. Donne-moi tout ce que tu as.


Il ne s’en était pas étonné et cela ne l’effrayait pas non plus de parcourir 80 kilomètres à pied. Cela semblait naturel ; naturel, considérant la réalité particulière de ce moment qui était extrêmement clair, quoique coupé de tout ; immédiat, quoique déconnecté, comme une belle ile dans un mur de brouillard ; la réalité accrue et indiscutable que l’on perçoit lorsque l’on est soul.


Ils arrivèrent finalement à un relais/auberge et elle s’arrêta brusquement, sorti un miroir de sa poche et lui tourne le dos. Elle se retourne et il semblerait que son décolleté soit quelque peu détaché.


Il ne sut pas trop si ce fut lui qui la laissa entrer dans sa sphère intime ou si elle y entra de son plein gré mais il y reconnu certainement là l’agilité du grand dragon de la couleur du ciel. Elle était grande, plus grande que lui, et fine – comme une brindille. Elle lui mit une main sur l’épaule et le prit par la taille de l’autre. Elle était si fine qu’il pourrait la bri… elle l’embrassa. Il sentit ses lèvres dans sa bouche. Sa lèvre du bas si épaisse et si rouge si … Pris de convulsions il tombe à terre- mort avant de toucher le sol, inerte. Elle le poussa du bout de sa botte dans le caniveau, vola un cheval et partit au triple galop en direction de la forêt de Solor.
 
« Modifié: 04 janvier 2015 à 18:15:10 par bubu »

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Re : Une nouvelle se situant dans l'univers de ... Prophecy !
« Réponse #1 le: 04 janvier 2015 à 18:14:45 »
Bonjour et merci pour cette nouvelle :)

Je la déplace au bon endroit :)